Économie du vivant, symbiose, architecture végétale et biorésonance

René Passet, Marc-André Selosse et Francis Hallé redéfinissent notre compréhension du vivant. Découvrez comment cette approche systémique éclaire la biorésonance et la santé globale

Damien BELORY

5/17/20268 min temps de lecture

Économie, Symbiose, Architecture du Vivant et Biorésonance : Repenser le Bien-être Globale au XXIème siècle.

Pendant des siècles, la pensée occidentale s’est construite sur le modèle de la machine. Descartes a offert au monde un paradigme mécaniste où l'univers, la nature et le corps humain pouvaient être démantelés en pièces détachées, analysés séparément, puis réparés isolément. L’économie s’est pensée hors du sol et de la biosphère ; la biologie a réduit l’organisme à une citadelle assiégée luttant en permanence contre des envahisseurs extérieurs ; la médecine, enfin, a fait du bien-être la simple absence de maladie, traitée par la chimie de synthèse.

Pourtant, les crises écologiques, sanitaires et systémiques du XXIe siècle sonnent le glas de cette vision réductionniste. Le vivant ne se laisse pas enfermer dans des équations linéaires ou des grilles mécaniques. Pour retrouver le sens du bien-être, il est urgent de replacer l’humain au cœur d’une écologie globale.

Dans mon parcours d'études (Master2 en économie, Institut Supérieur d'Agriculture, ISA de Lille, lectures ...) j'ai eu le bonheur d'aborder et d'étudier les écrits de trois grands penseurs qui à mon sens éclairent cette reconnexion magistrale : René Passet, avec son économie ancrée dans la biosphère ; Marc-André Selosse, qui pulvérise le mythe de l’individu isolé grâce à la symbiose microbienne ; et Francis Hallé, qui révèle la plasticité et l'intelligence de l'architecture végétale.

Au croisement de ces trois visions, la Biorésonance cesse d'être perçue comme une simple technique alternative : elle apparaît comme la traduction logique et thérapeutique d’un monde régi par les flux, les fréquences, la structure et le lien.

1. René Passet et « L’Économique et le vivant » (1979) : l’économie captive de la biosphère

Dès 1979, l’économiste et juriste René Passet publiait un ouvrage monumental qui allait à contre-courant de toutes les doctrines de son temps : L’Économique et le vivant. À une époque où la croissance triomphante croyait pouvoir s'affranchir de toute limite physique, Passet posait un constat implacable : l'économie marchande n'est pas une sphère autonome qui surplombe la nature. Elle en est, au contraire, une sous-partie minuscule et dépendante.

La hiérarchie des systèmes et la thermodynamique

Passet démontre que le vivant obéit à une emboîture de systèmes. Le système économique, fondé sur les flux monétaires et l'accumulation, est inclus dans le système social, lui-même inclus dans le système biologique (la biosphère), qui dépend enfin des lois physiques de l'univers (notamment la thermodynamique).

Vouloir soumettre la biosphère aux lois quantitatives de l'économie revient à inverser l'ordre des facteurs. C'est ignorer que l'économie puise ses ressources dans un stock fini et rejette des déchets que les cycles naturels peinent à absorber.

Du macrocosme économique au microcosme corporel

Ce que Passet décrivait à l'échelle macroscopique de la planète s'applique rigoureusement à l'échelle microscopique et systémique du corps humain :

  • Le mythe de l'autonomie absolue : Tout comme l'économie néolibérale s'est imaginée hors-sol, la médecine mécaniste s'est imaginée que l'organisme humain pouvait fonctionner en circuit fermé, régulé par de simples interventions chimiques ponctuelles, sans considération pour son milieu d'intégration.

  • La loi des flux et de la régulation : Dans l'optique de Passet, un système ne survit que par la fluidité de ses échanges et la qualité de ses rétroactions (feedback). Lorsque les circuits de régulation sont rompus, c'est la crise systémique — qu'il s'agisse de l'effondrement d'un écosystème, d'une crise financière ou, sur le plan biologique, de la maladie chronique.

2. Marc-André Selosse et « Jamais seul » (2017) : la révolution de la symbiose

Si René Passet a réinscrit l'activité humaine dans la grande matrice de la biosphère, le microbiologiste Marc-André Selosse est venu achever, en 2017, la déconstruction du mythe de l'individu autonome, parfois du Self Made Man, avec son ouvrage Jamais seul : Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et nous.

L'illusion de l'individu moderne

Biologiquement parlant, l'idée d'un organisme pur, strictement délimité par sa peau et ses propres gènes, est une fiction. Nos cellules humaines ne représentent qu’une fraction de notre population cellulaire totale. Notre tube digestif, notre peau, nos muqueuses et même nos tissus profonds abritent des milliards de bactéries, de champignons, d’archées et de virus.

Nous ne sommes pas des monades solitaires, mais des holobiontes, c'est à dire des entités collectives, des écosystèmes sur patte où l'hôte et ses partenaires microbiens co-évoluent, s'informent et se régulent mutuellement.

La coopération au cœur de l'évolution

L'œuvre de Selosse bat en brèche le dogme darwinien simpliste d'une "lutte pour la vie" exclusivement fondée sur la compétition féroce. La grande force de l'évolution est en réalité symbiotique. Les chloroplastes de nos plantes vertes et les mitochondries de nos cellules animales sont d'anciennes bactéries capturées et intégrées par d'autres cellules, choisissant la coopération plutôt que l'annihilation.

  • Le dialogue permanent : Le microbiote intestinal dialogue en permanence avec notre système immunitaire, notre métabolisme, et même notre système nerveux central via l'axe intestin-cerveau.

  • Le bien-être comme équilibre relationnel : La maladie n'est plus seulement l'attaque d'un pathogène extérieur qu'il faudrait exterminer à coups de désinfectants ou d'antibiotiques aveugles, mais le plus souvent une rupture d'harmonie au sein de cet écosystème partagé, un déséquilibre relationnel qu'il s'agit de pacifier et de réorienter.

3. Francis Hallé et l'architecture végétale : l'arbre comme modèle de plasticité et d'écoute

Pour parachever cette vision globale du vivant, la contribution du botaniste Francis Hallé est essentielle. J'ai découvert ses travaux au travers du DVD « Arbres, le voyage immobile » qui m'ai profondément et positivement impacté. N'hésitez pas à le regarder, en plus avec la voix de Michel Bouquet. À travers ses explorations des canopées tropicales et ses recherches sur l'architecture des arbres, Hallé nous offre une leçon magistrale sur la compréhension des capacités d'adaptation, de structure et de résilience du Vivant.

L'arbre : une construction modulaire et ouverte

Contrairement aux animaux, qui possèdent un plan de développement fermé (un chat a quatre pattes, deux yeux et grandit jusqu'à une taille fixe), l'arbre possède un plan de développement ouvert et indéfini. Il se construit par répétition de modules élémentaires — les métamères — et présente une capacité fascinante de réitération : face à une agression (un coup de vent, une branche cassée, une blessure par un herbivore), l'arbre est capable de reconstruire des axes de substitution, de redéployer sa structure et de cicatriser en modifiant sa morphologie. Ici le plan B, en l'absence de plan A figé, est la règle.

Fixité spatiale, hyper-sensibilité environnementale

Dépourvu de mobilité physique, l'arbre compense son enracinement par une sensibilité ultrasensible aux variations de son milieu :

  • La communication aérienne et souterraine : Les arbres communiquent entre eux par le biais de réseaux mycorhiziens souterrains (le fameux Wood Wide Web mis en lumière par d'autres chercheurs, mais pleinement cohérent avec la vision morphologique de Hallé) et par des composés organiques volatils émis dans l'atmosphère.

  • La leçon architecturale pour le vivant : La structure d'un organisme vivant n'est pas un bloc de marbre figé, mais une architecture plastique en dialogue permanent avec les contraintes mécaniques, climatiques et informationnelles de son environnement. Le bien-être réside dans cette capacité de modulation permanente.

4. Le pont avec la biorésonance : l'organisme comme écosystème informationnel et vibratoire

Avec ce tryptique, on comprends bien qu'une nouvelle définition du bien-être émerge : le bien-être est la préservation de la cohérence informationnelle et relationnelle au sein d'un écosystème ouvert.

C'est précisément dans ce cadre conceptuel que s'inscrit ma pratique de la biorésonance. Loin des caricatures réductionnistes, la biorésonance aborde le corps humain non pas comme un simple sac de réactions biochimiques linéaires, mais comme un champ d'échanges informationnels et vibratoires.

Du flux de matière au flux d'information

  • L'économie des flux (Passet) : Tout comme l'économie doit respecter les flux d'énergie de la biosphère, le corps humain est traversé par des flux continus de nutriments, d'oxygène, mais aussi de signaux électromagnétiques et biochimiques. La biorésonance s'intéresse à la fluidité de ces transferts informationnels. Un blocage ou une distorsion dans les fréquences de régulation cellulaire précède souvent la manifestation biochimique de la pathologie.

  • L'écologie microbienne et l'holobionte (Selosse) : Dans une perspective de biorésonance, chaque composant du corps — cellules, tissus, mais aussi microbiote associé — émet et reçoit des signaux de cohérence. Réquilibrer un terrain par la biorésonance, c'est restaurer la symphonie collective de l'holobionte, en permettant à chaque sous-système de retrouver sa fréquence d'accord optimale.

  • La plasticité architecturale (Hallé) : Tout comme l'arbre réitère ses structures face aux agressions de la canopée, l'organisme humain cherche sans cesse à s'auto-réparer. La biorésonance agit comme un miroir informationnel qui aide le système à identifier ses propres incohérences et à relancer ses capacités intrinsèques de plasticité et d'autorégulation, sans forcer la biologie par des agents extérieurs agressifs.

Une approche globale et non invasive du terrain

Plutôt que de faire la guerre aux symptômes isolés, la biorésonance écoute le terrain. Elle considère que la maladie est une perte de résonance harmonieuse entre l'individu et son milieu, une rupture de la communication interne. En redonnant des repères informationnels cohérents au corps, on lui permet de réactiver ses propres mécanismes de défense et d'adaptation — exactement de la même manière qu'un écosystème forestier retrouve sa résilience lorsqu'on lui restitue sa diversité symbiotique et sa liberté de flux.

Conclusion : Vers une écologie globale du bien-être.

Au travers de la macro-économie systémique de René Passet, de la microbiologie relationnelle de Marc-André Selosse et de l'architecture plastique du vivant de Francis Hallé, nous tournons définitivement la page du réductionnisme mécaniste.

L'humain n'est pas une machine isolée dans un univers hostile ; il est un nœud complexe de relations traversé par des flux d'énergie, d'information, façonné par une architecture plastique et intimement relié à la biosphère qui l'englobe.

La biorésonance trouve dans cette vision transdisciplinaire sa raison d'être, sa participation à l'édification de cette nouvelle ère et sa pleine justification épistémologique : elle est l'art d'entretenir la mélodie du Vivant, de restaurer le dialogue subtil entre les parties et le tout, et de replacer le bien-être au cœur d'une écologie globale et universelle. La Biorésonance n'est pas la seule approche à permettre cela. Actuellement fleurissent de nombreuses approches thérapeutiques nouvelles et je dirais que c'est le médium que la Vie a mis entre mes mains pour actuellement œuvrer en ce sens à notre aventure commune.

Merci pour votre lecture.

Ce texte a été élaboré par moi à partir de mes lectures et réflexions.

J'ai utilisé l'IA pour la mise en page nécessaire aux formats d'un Blog.

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